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Gaëtan BAZIRE
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Élu de Louviers en charge des personnes en situation

de handicap, membre du C.C.A.S, du S.I.C.L.E,

du Conseil des aînés, du Conseil de la vie sociale, ...

 

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Union citoyenne de Louviers

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 10:27

"Nous avons des institutions qui sont vicieuses et viciées", a dénoncé François Bayrou, mercredi sur France Inter, à la veille de la sortie de son nouveau livre, intitulé De la vérité en politique (Plon). Pour le leader centriste, la vérité ne pourra "se faire entendre" que par le pluralisme.

France Inter - Vous publiez chez Plon De la vérité en politique, nouveau livre de combat. Pour vous, le mensonge gouverne depuis trop longtemps. C'est lui qui a conduit la France à la catastrophe. Vous parlez d'un crash au ralenti. Vous expliquez que la vérité dite au peuple est la clé de tout redressement. Mais quelle vérité ? Il n'y aurait qu'une seule vérité sur l'état du pays ?
François Bayrou - Il n'y a qu'une seule vérité des faits. D'ailleurs tous les Français sont en train de la découvrir aujourd'hui. Songez à ce qu'on avait assuré aux Français il y a dix mois à peine... Que nous allions retrouver la croissance, qu'elle serait pour 2012 de 0,8 pour cent, presque de 2 pour cent pour 2013. C'était l'assurance de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Aujourd'hui, en cascade, tombent sur les Français les nouvelles les plus inquiétantes, qui sont le dévoilement de la réalité. C'est-à-dire, que de croissance il n'y aura pas. Si on atteint 0 pour cent cette année, nous en serons satisfait. Deuxièmement, les 3 pour cent de déficit, qu'on nous promettait comme un horizon assuré pour 2013, évidemment seront dépassés. Et même très largement dépassés, puisque dès hier le Président de la République a dit 3,7 pour cent. Et nous ne sommes qu'au début du mois de mars ! Les retraites, on est en train de découvrir qu'elles ne sont pas financées. Les mêmes qui disaient que la réforme des retraites était scandaleuse, disent qu'il va falloir aujourd'hui s'y attaquer vraiment et peut-être allonger la durée de cotisation. Tout cela, c'est le dévoilement de la réalité ! C'est parce qu'on a raconté ces histoires et entretenu ces illusions auprès des Français, qu'on a été incapables de prendre conscience de la nécessité des réformes. C'est cela, depuis vingt ans, qui fait la catastrophe du pays.

Oui, parce que votre constat est plutôt du genre catastrophiste... Tissu national effiloché, effondrement, Islam vécu comme une agression, école impuissante, quartiers entiers dans une insécurité quotidienne, … Je le disais tout à l'heure, vous parlez d'un crash au ralenti pour la France. La situation est si grave ?
Si ceux qui sont en train de nous écouter, qui sont de l'autre côté de leur récepteur, si ceux-là votaient, ils vous diraient que c'est exactement ça la situation que nous vivons pour nos familles. Tout ceci n'est pas de l'économie abstraite, des pourcentages et des chiffres. Ce sont les enfants qui n'ont pas de travail, les parents qui souvent n'en trouvent pas. Le regard des enfants sur les parents, et le regard des parents sur les enfants, est dramatique dans ces circonstances là. Qui perd son travail a vraiment beaucoup de difficultés à en retrouver. Pôle emploi, ce sont des files d'attente et des rendez-vous mais on ne vous donne pas de travail à Pôle Emploi. Tout cela, c’est en effet une décomposition du tissu de la Nation. Pour cela il faut ouvrir une perspective. Il n’y a à mon avis qu’une seule politique pour s’en sortir, je le dis et ce sera discuté, qui est la politique de soutien déterminé, volontaire, fédérateur à tout ce qui est entreprise, création, recherche, production, qui pour l'instant est abandonné.

"LE CRÉDIT D'IMPÔT NE MARCHE PAS, C'EST UNE USINE À GAZ"

Vous disiez déjà cela pendant la campagne présidentielle. Est-ce si éloigné de ce que tente de faire aujourd‘hui le gouvernement ?
C'est très éloigné parce que cela n'apparaît pas clairement. Il y a comme un brouillage autour de l'action gouvernementale. J'ai salué la conférence de presse de François Hollande en novembre parce que les intentions qu’ils décrivaient étaient à mes yeux justes. Ce qu'il appelle, après tous les économistes, la politique de l'offre, c’est-à-dire que l’on va soutenir ceux qui créent, ceux qui ont à offrir des produits, des services, de la recherche, depuis l’agriculture jusqu’au numérique en passant par l’industrie.

D’où le crédit impôt compétitivité de vingt milliards aux entreprises ?
Cela ne marche pas du tout ! C’est une usine à gaz, c'est trop compliqué. Est-ce que vous croyez qu’un chef d'une entreprise artisanale ou d’une petite entreprise de commerce va embaucher en 2013 avec l’espoir ou la perspective qu’on lui rende 5 pour cent de sa masse salariale en 2014 ? Ce n’est pas de cette manière que marche une entreprise. Elle a besoin de sécurité, de concret, elle a besoin qu'on arrête de lui mettre des bâtons dans les roues et qu'on l'aide à agir. Cette aide et ce soutien à ceux qui créent, pour moi, cela devrait être la politique fédératrice : c’est au nom de cela que devrait s’organiser l’action du pays.

Vous aviez salué la déclaration de François Hollande en novembre, est-ce que vous saluez ses propos hier à Dijon où il a appelé à des choix « courageux » pour sauver l’avenir des retraites. Ce mot a frappé, n’y a-t-il pas un changement de discours, de cap ? Ou en tout cas, une façon de communiquer au pays qui est différente ?
Vous savez que je pense depuis longtemps que le changement de cap est une obligation et qu’il va donner le nouveau paysage du pays. Je crois d’ailleurs que cela va entrainer à gauche des remises en question assez fondamentales et que je trouve justifiées. Ces propos seraient plus forts si pendant les mois où nous avons discuté de la réforme des retraites, le Parti Socialiste n'avait pas nié la nécessité de cette réforme. Vous voyez bien que la vie politique dans laquelle nous sommes enfermés, bipolarisée, les uns tous pour, les autres tous contre, nous empêche de faire des réformes. Ceux qui sont dans l’opposition prétendent que c’est de la faute des gouvernants et personne n’accepte de regarder en face la nécessité commune que nous avons, de quelque bord que nous soyons, de rebâtir le pays.

"NOS INSTITUTIONS SONT VICIEUSES ET VICIÉES"

Il y a une majorité de Français qui partage cette conviction, cette politique que vous venez de définir, écrivez-vous dans votre livre. Mais il n’y a pas de majorité politique pour la soutenir. Cela signifie-t-il que vous appelez et espérez une recomposition ?
Nous avons des institutions qui sont vicieuses et viciées. Pourquoi est-ce que l'on ment en France depuis vingt ans et que dans les pays qui nous entourent on a pu faire les réformes ? Il y a une cause à cela, ce n'est pas seulement la lâcheté des hommes politiques. Nos institutions sont organisées d’une manière que tout le monde a sous les yeux qui est que, à chaque élection présidentielle, c'est tout ou rien. Vous avez tout le pouvoir et derrière vous gagnez les législatives. Ceux qui ne sont pas avec vous n’ont rien. S’ils sont minoritaires, même avec des scores importants, ils disparaissent de la représentation. C’est le cas de l’extrême-gauche, de l’extrême-droite et du centre. C’est ainsi que le pluralisme n'a pas droit de cité, donc la vérité ne peut pas se faire entendre. Le tout ou rien de nos institutions fait que nous nous trouvons devant cette surenchère démagogique. Les plus grands démagogues gagnent à chaque élection et après le pays se réveille stupéfait : on lui a menti et il ne sait pas quoi faire.

En attendant ce changement d’institutions, espérez-vous une recomposition politique, qui vous permettrait d’une façon ou d’une autre de participer aux affaires du pays ?
Il ne peut y avoir de recomposition politique que s’il y a affirmation claire de la politique nouvelle qu’il convient de suivre. Je ne suis pas adepte des manœuvres et des recompositions politiciennes. Je n'y ai jamais participé, j'ai même assez souvent refusé d'entrer au gouvernement comme vous le savez car je ne me reconnaissais pas dans l'action gouvernementale. Je pense nécessaire, indispensable, que nous ayons l’affirmation de la politique d’urgence dont le pays a besoin pour que cette incroyable décomposition trouve son terme. Et pour que, en se relevant les manches et en bossant comme l’on doit bosser, tout le monde considère que l’on se remet en route vers une reconstruction.

"L'ÉTAT EST DEVENU AUTOBLOQUANT"

La vérité en politique, c’est un sillon qui a été creusé par d’autres que vous. Je voudrais vous citer le début d’un livre signé par un homme politique, il y a plus de dix ans, peut-être allez-vous le reconnaître. "Je refuse cette fatalité du déclin. Les solutions sont là à portée de main. Il faut certes du courage, de la ténacité pour les mettre en œuvre, mais cela exige surtout de l’honnêteté. Mendès-France l’avait dit déjà dans les années 1960, la France peut supporter la vérité." Qui a écrit cela ?
François Fillon. La France peut supporter la vérité, c'est exactement cela. Il y a un grand courant, dont je donne quelques portraits dans le livre, qui traverse la vie politique française. Ce courant veut appuyer le changement du pays, les réformes nécessaires et la reconstruction du pays sur la vérité dite aux citoyens. Malheureusement il arrive assez souvent qu'on l’annonce avant et qu'on ne le fasse pas après. François Fillon s'est indiscutablement inscrit, à un moment, dans ce courant. Encore aujourd'hui je crois que c'est le fond de ce qu'il pense. Mais vous vous souvenez qu’en 2007 il a provoqué un grand scandale auprès de Nicolas Sarkozy parce qu’il a dit "Je suis à la tête d'un Etat en faillite". Le mot "faillite" qui était destiné à secouer l'opinion a provoqué un très gros scandale. Il était dans cette ligne-là. Alain Juppé en décembre 1995 était aussi sur cette ligne-là, Michel Sapin il y a quelques semaines a dit exactement la même chose. Vous voyez qu’il y a un grand courant, le problème c’est qu’il ne peut pas se rassembler pour soutenir la politique nécessaire au pays. C’est cette question institutionnelle qui permettra le redressement le pays.

La vérité des faits, la vérité du constat, la vérité du diagnostic, nous pouvons nous entendre là-dessus. Mais cela n’implique pas forcément un accord sur les solutions. Or le pays attend surtout des solutions pour s’en sortir.
Je peux me tromper, mais à mes yeux, il n'y a aujourd’hui qu'une construction de solutions à proposer.

"There is no alternative", comme disait Mme Thatcher ?
Je pense que si cette phrase n’était pas vraie à l’époque de Mme Thatcher, en Grande-Bretagne, elle l’est aujourd’hui. C'est une certitude à partir du moment où nous comprenons qu'un pays endetté comme le nôtre ne peut pas faire autrement que de rembourser sa dette un jour ou l'autre. S’il est obligé de rembourser sa dette, alors il est obligé de rééquilibrer ses comptes et surtout de faire en sorte que cette société produise plus de richesses et d'emplois

Le constat est assez largement partagé, la question est de savoir à quel rythme nous remboursons cette dette et comment nous compensons d’ici-là. Quelle part d’économie sur les recettes de l’Etat ? Quelle part d’impôts supplémentaires ?
Je crois en effet que ce constat est partagé. Ce grand courant réformiste dont la France a besoin, au fond ce sont des gens qui pensent à peu près la même chose. Ils pensent que, cette création de richesses, ce n’est pas l’Etat qui va la faire mais les entreprises, les entrepreneurs, les créateurs, les chercheurs, les inventeurs, les innovateurs et que ce sont ceux-là qu’il faut aider. Ils pensent qu’il y a dans la société française des réserves formidables de créativité mais qu’elles sont ligotées par un Etat devenu autobloquant et par une multiplication de bâtons dans les roues. Le plus petit artisan français vérifie chaque jour les difficultés qui sont les siennes. Quelle que soit l’étiquette au pouvoir, nous devons prendre conscience de la nécessité de soutenir ceux qui sont en première ligne.

"LA QUESTION, C'EST LA VIE DES CHERCHEURS ET DES ENTREPRISES"

Prenons un exemple typique d’une vérité. Nos comptes sociaux sont en mauvais état –vous le soulignez dans le livre – et les prestations sociales ne pourront pas rester au même niveau. Je crois me souvenir que vous êtes contre le plafonnement, la fiscalisation ou la mise sous conditions de ressources des allocations familiales, comme vous étiez contre la modulation du quotient familial. Michel Sapin, avec le même diagnostic que vous, comme Bruno Lemaire, ont une position différente.
Nous allons voir s'ils le font, nous pourrons discuter de ce sujet. Je veux simplement dire que la politique familiale du pays a été construite sur cette idée, depuis la guerre, que l'on essayait d'équilibrer autant que possible une fraction de ce que représente pour une famille l’investissement dans une famille nombreuse. Cela a donné les résultats formidables en Europe et du point de vue de la démographie française.

Pensez-vous que c’est encore le cas aujourd’hui ? Les études disent le contraire, elles disent que les Français ne font pas des enfants pour toucher des allocations.
Bien sûr que les familles ne font pas d’enfants pour avoir des allocations. Il demeure que essayer de soutenir ceux qui font l'effort considérable et conséquent de mettre au monde et d'élever des enfants n'est pas le plus mauvais usage que nous puissions faire des contributions sociales. Il s’agit bien des contributions sociales et familiales et non du budget de l'Etat dans cette affaire. Bien entendu, il faut avoir le souci de la gestion, il y a des gaspillages et tout le monde le sait. Il faut refaire un Etat efficace et pas autobloquant comme je le dis. Mais la question principale est de savoir comment nous cultivons, de la même façon que nous cultivons des plantes, la vie des entreprises et la vie des chercheurs. Ce sont eux qui vont faire que notre pays va créer des emplois et des richesses. Notre modèle de services publics et notre modèle social de solidarité sont insoutenables si nous n'avons pas l'économie qui permet de les faire vivre.

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Published by Gaëtan BAZIRE - dans Gaëtan BAZIRE
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