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Gaëtan BAZIRE
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Élu de Louviers en charge des personnes en situation

de handicap, membre du C.C.A.S, du S.I.C.L.E,

du Conseil des aînés, du Conseil de la vie sociale, ...

 

Twitter :  

@GaetanBazire

@UnioncitoyenneL

Facebook : 

Union citoyenne de Louviers

Louviers Alternative

Instagram : 

bazireofficiel

 

 

2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 23:01

 Les médias français multiplient les articles depuis le mois de janvier 2011 sur les diverses augmentations du prix de l’énergie. Qu’il s’agisse de l’essence, du gaz et de l’électricité, les dernières mesures1 prises « en réunion de crise » par le Gouvernement ne suffisent pas et ne suffiront pas.

Le coût des énergies a commencé à augmenter rapidement depuis 5ans. Le « pic pétrolier » a été dépassé vers 2006. Depuis cette date, la demande de pétrole excède ce que peuvent procurer les ressources de la planète. Nous sommes entrés dans la période de l’histoire où la production ne peut que baisser. Quand il est ouvert un nouveau puits de pétrole, c’est un et demi d’entre eux qui sont fermés pour cause d’épuisement. Rajoutons à cela la guerre en Lybie, les catastrophes nucléaires de Fukushima: le coût de l’énergie flambe !

  • Au 21 avril 2011, le prix du baril de pétrole a affiché une envolée de 25%2.

  • La facture de gaz est, elle, en augmentation de 20% depuis l’année dernière.

  • Le marché de l’électricité a été fragilisé par la catastrophe nucléaire au Japon.

Malgré l’annonce par le Gouvernement du gel3 des tarifs du gaz pour 2011, justifiée afin de « limiter l’impact de la hausse des prix de l’énergie », et une augmentation du prix de l’électricité limitée à 2,9% d’ici à Juin 2012, les conséquences pour les français sont nombreuses.

Certes, par rapport à nos voisins européens, l’électricité française paraît peu coûteuse puisque l’amortissement des centrales nucléaires a créé une vraie rente, financée par le contribuable mais captée par EDF qui l’utilise dans un but de profitabilité pour ses actionnaires et de moins en moins pour le marché intérieur. La faiblesse de ce prix doit être très relativisée car le coût de production est dans la moyenne européenne et c’est le niveau des taxes qui fait la différence.

Si le prix de l’électricité ne cesse de monter, il est créé dans un pays où le chauffage électrique a été sans cesse encouragé, un accroissement des situations de précarité énergétique4.

Les hausses de ces dernières années, favorisent certes les actionnaires d’EDF, GDF-Suez, Total et consorts, mais au final qui paye le plus l’addition ?

En y regardant de plus près, l’augmentation de l’essence et de l’énergie en général touche durement deux classes de notre population. Les personnes âgées retraitées et les jeunes, qu’ils soient chômeurs ou jeunes actifs. Car il ne faut pas oublier qu’en province, la voiture est le moyen de transport le plus utilisé pour se rendre au travail, ou bien tout simplement pour en trouver. Une augmentation, même progressive des prix de l’essence augmente les charges des jeunes travailleurs, qui font déjà face aux diverses fluctuations difficiles du marché de l’emploi. C’est une annonce de précarité supplémentaire et notamment pour les jeunes stagiaires et les chômeurs en province.

La problématique de l’énergie concerne toutes les strates de notre population, car inéluctablement indispensable à notre vie. Les propositions ou débuts de réflexions des politiques français ne semblent s’ancrer que dans une configuration de campagnes électorales à court ou moyen terme (multiplications des propositions d’aides).

Le schéma actuel d’approvisionnement en énergie ne laisse que peu de marge de manœuvre pour contrer à l’échelle nationale ou européenne ces hausses de prix.

Il n’est plus temps de défendre l’énergie pas chère : c’est un non sens, un contre sens historique. Car il est absurde de vouloir chercher à maîtriser le prix d’une ressource qui se raréfie, par exemple pour l’essence. Nous serons à 2 euros le litre d’essence avant 2015, 3 ou 4 euros le litre dans 8 ans en 2020.

Et après ?

Aujourd’hui, relever le prix de l’électricité est-il justifié ?

Sur un plan théorique, et pour encourager la sobriété énergétique, on pourrait répondre que cette hausse s’inscrit aussi dans une politique de développement durable. Ce serait vrai si cela s’accompagnait d’un effort massif de découragement du chauffage électrique au profit des énergies renouvelables, d’une politique très vigoureuse en matière d’économie d’énergie et de traitement social de la précarité énergétique. Or, c’est tout le contraire qui se produit.

Notre retard à ce niveau est abyssal :

  • absence de comptage de l’eau chaude de chauffage dans les immeubles, inexistence d’une industrie des composants de haute performance énergétique et des isolants de qualité.

  • réglementation du renouvellement d’air absurde transformant les habitats en passoires à tous les vents… Pire, il a été favorisé l’essor du chauffage électrique sans rénovation thermique sérieuse.

  • développement de compteurs intelligents par EDF, après la condamnation de son concurrent par la CRE (Commission de régulation de l’énergie), ne permet pas, comme en Allemagne ou aux États-Unis, de choisir son producteur et son électricité (verte en particulier).

Nous devons dès maintenant, réfléchir à la manière de sortir de l’utilisation massive des énergies fossiles, et investir dans la recherche et le développement de solutions durables.

En réponse à ces problématiques, nous proposons la création d’un organisme puissant à l’échelle française et européenne de coordination, de développement, de recherche et de mise en œuvre des énergies renouvelables. Cet organisme devra bénéficier de pouvoirs et de financements bien supérieurs à ceux de l’Agence de l’Environnement et de la maîtrise de l’Energie (ADEME), sous sa forme actuelle. Il devra par ailleurs prendre en compte les particularités régionales, et notamment climatiques. 

L’ADEME disposait en 2010 de moyens d’interventions de 832M€, ce budget devrait être multiplié par 10 pour répondre aux enjeux auxquels nous avons à faire face.

A l’exemple des pôles d’excellence en médecine, pourquoi ne pas construire une cité du développement des énergies nouvelles ?

 

En matière économique, les retombées de ces recherches seraient considérables, pas seulement pour la découverte et la mise en oeuvre de nouvelles solutions énergétiques, mais aussi pour l’emploi des jeunes et la promotion des nouvelles technologies.

Les solutions énergétiques à apporter passent aussi par la multiplicité des sources d’énergie. Il s’agit là d’un véritable besoin économique dont le développement pourrait prendre des années, mais tout à fait possible. Il est ici question de volonté politique. 

 

Nous devons en ce sens aller vers une individualisation de la consommation et de la production énergétique, pourquoi ne pas construire et rénover des logements avec une autonomie de production qui viendrait en complément de la production nationale. Chaque logement serait équipé en panneau solaire, en capteur géothermique comme cela existe déjà en Belgique ou en Suisse.

 

Les bâtiments publics pourraient être chauffés grâce à la récupération de la chaleur des égouts comme la Mairie de Valenciennes ou bientôt Paris. Cette proposition ne vient pas en remplacement mais en complément, cela baisserait de fait le coût de l’énergie et responsabiliserait les consommateurs devenus dès lors « consom’acteurs ».

Ainsi l’avenir se construit aujourd’hui, en commun avec nos partenaires européens, par la mise en place d’une véritable politique énergétique durable, indispensable à l’environnement, à l’emploi des jeunes et la croissance de notre société.

 

Marc Bernier-Crépin et Louis Morin, pour L’AvenirJeune - think tank.

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Published by L'Avenir Jeune - dans L'avenir Jeune
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